L’eau en Haute-Normandie à l’époque des Impressionnistes
Publié le 10 Novembre 2012
Jérôme CHAIB, ancien directeur de l’Agence régionale de l’environnement de Haute-Normandie (AREHN), cultive depuis plusieurs dizaines d’années une passion personnelle pour l’histoire et les arts et traditions populaires de Haute-Normandie en les croisant avec sa vision de scientifique, spécialiste de l’eau, de la Seine et de la côte d’albâtre. Très souvent sollicité pour des conférences par des collectivités ou des associations, il a souhaité, à l’occasion du festival Normandie impressionniste 2013, partager le résultat de ses recherches à travers 42 thèmes et 146 dates d’intervention entre le 2 mai et le 30 septembre 2013.
1) La conquête de l’eau potable
L’époque impressionniste coïncide avec l’installation des premiers équipements d’adduction d’eau potable. Cette conquête sera longue et incertaine. Cette conférence vous invite à découvrir d’où vient l’eau qui alimente nos robinets, comment la majeure partie de la population pourvoyait à son approvisionnement en eau auparavant et comment les pratiques d’hygiène et l’assainissement se sont propagées dans la société. On comprendra mieux aussi pourquoi la France est le premier consommateur d’eau en bouteilles au monde.
2) Les sources et leur culte
La circulation souterraine de l’eau reste un mystère. Entre les croyances anciennes et les sources sacrées jusqu’au plein essor des stations thermales à l’époque impressionniste, les sources qui pourvoient quotidiennement à l’approvisionnement en une eau de qualité restent un objet de vénération, parfois inconsciente, et encore souvent des lieux de dévotion ou de pèlerinage attachés à leurs vertus thérapeutiques qualifiées de « miraculeuses ».
3) Les mares et leurs usages
Sur les plateaux, les mares créées depuis la fin de la Préhistoire sont souvent, au temps des Impressionnistes, l’unique moyen de s’approvisionner en eau. Autour des mares s’organisent la vie rurale et celles-ci pourvoient à tous les usages qu’ils soient domestiques, agricoles, artisanaux… Du fond des âges, sont associés aux mares des légendes, des croyances et des toponymes que cette conférence vous invite également à décrypter.
4) Lavoirs et lavandières
Le confort que nous procurent aujourd’hui l’adduction d’eau et nos lave-linge modernes nous a fait oublier les souffrances vécues par les femmes dont le métier consistait à blanchir le linge. Cette conférence vous invite à découvrir le quotidien des lavandières, les façons, parfois très originales de tirer parti des points d’eau existant pour rincer leur linge, mais aussi les lavoirs, des plus rudimentaires jusqu’aux bateaux-lavoirs dont ceux qui subsistent constituent un patrimoine lié à la mémoire d’une activité heureusement révolue.
5) « Corvée d’eau ! »
A l’époque impressionniste, l’approvisionnement en eau constitue indéniablement une corvée quotidienne, que souvent femmes et enfants, principalement, prennent en charge en mettant à profit les solutions qui leur sont offertes, et parmi elles, certaines parfois très baroques. Sources, fontaines, puits, rivières, mares… sont les lieux d’un incessant va-et-vient où seaux, brocs portés à la main ou suspendus au « porte-cou » permettent de transporter l’eau avec un compréhensible souci de l’économiser.
6) Les rivières et leurs usages
Rares en Haute-Normandie, les rivières sont à l’origine de multiples usages qui, pour certains, vont se développer à l’époque des Impressionnistes. La rivière reste d’abord un lieu d’approvisionnement en eau incontournable. Lorsqu’on n’y rince pas le linge, on y lave les moutons. Cressonnières et piscicultures se développent. Aux anciens moulins succèdent nombre d’usines textiles qui vont tirer parti de l’énergie hydraulique ou de la ressource en eau pour produire de la vapeur. Les usages de loisirs se multiplient entre chasse, pêche et canotage.
7) Quand les petites rivières étaient navigables
Aujourd’hui la navigation de commerce, par la taille des navires qu’elle mobilise, nous semble être l’apanage des seuls grands fleuves navigables comme la Seine. Pourtant, à l’époque des Impressionnistes, de gros navires marchands comme les trois-mâts remontaient le cours aval des rivières. Cette conférence vous invite à découvrir ce pan oublié de notre histoire régionale sur l’Eure, l’Andelle, la Risle, la Bresle… avec des équipements aujourd’hui disparus, mais impressionnants pour l’époque.
8) Dégât des eaux
Certaines années, les catastrophes associées aux inondations ravivent les craintes anciennes des ravages causés par l’eau. Hélas ce phénomène n’est pas récent et l’époque impressionniste est la première à produire des documents qui permettent de mieux en comprendre l’origine. Cette conférence se propose donc d’examiner les causes de phénomènes qui se produisent régulièrement et s’aggravent depuis le début du XXe siècle et quelles solutions peuvent être mises en œuvre pour les prévenir.
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